Pour structurer un cours en ligne, partez de ce que l’apprenant devra réaliser à la fin, puis déterminez les prérequis, les modules, les leçons, les exercices et les évaluations qui préparent cette réalisation. Une liste de vidéos décrit un contenu ; un plan pédagogique explique comment ce contenu conduit à une compétence observable.

Ce guide s’adresse aux créateurs et aux entreprises qui conçoivent des formations professionnelles à vendre. Il vous permettra de construire un plan prêt à guider la production, dans un document ou un tableur, sans choisir de plateforme au préalable. Le résultat attendu n’est pas encore un cours publié.

Ce qu’il vous faut avant de commencer

  • Un sujet de formation et l’expertise nécessaire pour décomposer la compétence visée, directement ou avec l’aide d’un spécialiste.
  • Une première idée du public concerné et de la situation professionnelle dans laquelle il utilisera ses acquis.
  • Un document ou un tableur modifiable pour conserver vos décisions et organiser les leçons.

Le plan reliera le résultat global aux modules, aux activités et aux vérifications des acquis, selon la logique de conception décrite par Teachable. Nous utiliserons un exemple hypothétique : une formation à la création d’une procédure d’intégration client pour des prestataires indépendants.

1. Définir l’apprenant, son point de départ et le résultat visé

Le résultat final sert de filtre : il permet de décider ce qui appartient au cours et ce qui doit en rester à l’écart.

Renseigner le point de départ

  1. Créez un en-tête avec un titre de travail, le public et sa situation d’usage. « Prestataires indépendants qui préparent le démarrage d’une mission client » est plus exploitable que « professionnels ».
  2. Décrivez la tâche que ce public ne sait pas encore accomplir. Dans notre exemple : organiser les informations, les responsabilités et les transmissions nécessaires au démarrage d’une mission.
  3. Séparez les prérequis, que l’apprenant doit déjà posséder, des compétences enseignées et des ressources fournies par votre formation.

Pour l’exemple hypothétique, les prérequis sont de connaître le déroulement général d’une prestation et de savoir modifier un document. En revanche, le brief client fictif et les informations sur le projet sont des supports que le créateur devra fournir, pas des éléments que l’apprenant est supposé posséder.

Cette séparation compte : des connaissances antérieures exactes et mobilisées au bon moment peuvent soutenir l’apprentissage ; des connaissances insuffisantes ou erronées peuvent le gêner, comme l’explique le centre Eberly de Carnegie Mellon. Notez toute base manquante pour la traiter dans l’organisation des modules.

Formuler une réalisation finale observable

Rédigez une phrase qui associe une action à une production ou à une performance :

À la fin du cours, l’apprenant sera capable de créer, à partir d’un brief client fictif, une procédure d’intégration client comprenant une liste des informations à recueillir, un ordre du jour de lancement, un schéma de transmission et une marche à suivre lorsqu’une information manque.

Une procédure opérationnelle standardisée, souvent appelée SOP, décrit comment exécuter un processus de manière explicite. Ici, la production finale permet d’observer la compétence annoncée.

Remplacez « connaître » ou « comprendre » par l’action qui rendrait cette compréhension visible : rédiger, comparer, configurer, concevoir ou vérifier. Si votre phrase promet de « maîtriser toute la gestion client », réduisez le périmètre à une réalisation cohérente. Ajoutez une courte description et les exclusions utiles : notre exemple ne couvre ni la prospection ni la négociation commerciale.

Structurer un cours en ligne : des objectifs pédagogiques aux évaluations

Choisir le périmètre de l’offre

Indiquez provisoirement si vous préparez un cours autonome, une formation courte centrée sur une seule tâche ou une formation accompagnée de coaching. Un résultat étroit peut conduire à un produit plus court ; un accompagnement peut être envisagé lorsque votre offre inclut un retour individualisé. C’est une décision de conception, pas une obligation d’abonnement à une plateforme.

Enregistrez l’en-tête avec le public, la situation d’usage, les prérequis, le résultat final, les exclusions et le format d’offre envisagé. Vous pouvez passer à la suite si une personne extérieure peut dire ce que l’apprenant devra concrètement faire.

2. Décrire la preuve attendue et les critères de réussite

Décidez à quoi ressemblera un travail acceptable avant de choisir les vidéos ou les supports. C’est le principe de l’alignement pédagogique : l’objectif, l’évaluation et les activités doivent viser la même compétence, selon le guide de Carnegie Mellon.

Définir la tâche finale et sa grille de vérification

  1. Reprenezz le résultat de l’étape précédente et nommez la tâche qui le démontrera : ici, produire la procédure complète à partir du brief fourni.
  2. Précisez les éléments remis par l’apprenant : le document final et, dans notre exemple, une courte note expliquant sa révision après un scénario d’information manquante.
  3. Écrivez les critères qui permettront d’examiner le travail. Ils doivent décrire des caractéristiques vérifiables, pas seulement une impression de qualité.

Pour notre cours hypothétique, vous pourriez retenir les critères suivants :

  • Informations de départ : chaque information nécessaire possède une source identifiée ou une question de suivi.
  • Responsabilités : les personnes ou rôles chargés de fournir, vérifier et recevoir les éléments sont nommés.
  • Enchaînement : les étapes suivent un ordre utilisable et les conditions de passage sont explicites.
  • Gestion des exceptions : la procédure indique quoi faire lorsqu’une information indispensable manque.
  • Cohérence : la liste d’informations, la réunion de lancement et les transmissions ne se contredisent pas.

Ces critères sont des propositions de conception pour l’exemple, pas une norme professionnelle. Pour votre propre sujet, adaptez-les à la réalisation promise. Si vous utilisez une norme externe, distinguez ses exigences de vos choix pédagogiques.

Un questionnaire sur la définition d’une SOP peut vérifier une connaissance. Il ne suffit pas à montrer que l’apprenant sait en créer une. Inversement, si la tâche finale exige une compétence que vous n’aviez pas prévu d’enseigner, ajustez le périmètre ou inscrivez cette compétence parmi les contenus à planifier.

Décider si un diagnostic initial est utile

Les évaluations avant/après sont facultatives dans le tutoriel de Teachable. Choisissez leur fonction avant de les ajouter :

  • Une production initiale montre comment l’apprenant exécute déjà la tâche.
  • Un questionnaire de connaissances vérifie les notions disponibles au départ.
  • Une question de confiance recueille le sentiment de préparation, par exemple : « À quel point vous sentez-vous capable d’organiser le démarrage d’une mission client ? »

Vous pouvez combiner ces approches, mais conservez leurs réponses séparément. Une personne peut se sentir prête sans produire une procédure exploitable, ou manquer d’assurance malgré un travail satisfaisant. Par application du principe d’alignement, le sentiment de confiance ne remplace donc pas la production demandée.

Si vous prévoyez une comparaison avant/après, notez précisément ce qui sera comparé : tâches comparables examinées avec les mêmes critères, connaissances ou confiance déclarée. Une différence constatée ne prouve pas, à elle seule, que le cours en est la cause.

Enregistrez la tâche finale, les livrables et les critères. Ajoutez soit le diagnostic choisi avec la mention « facultatif », soit la décision explicite de ne pas en utiliser.

3. Ordonner les modules selon les compétences préalables

Un module regroupe des apprentissages qui font progresser vers un jalon du résultat final. Son ordre doit refléter les dépendances entre les compétences, pas seulement la durée souhaitée de la formation.

Décomposer la tâche avant de remplir le calendrier

  1. À partir de la production finale et de vos critères, listez les compétences nécessaires. Pour notre exemple : extraire les informations d’un brief, préparer un lancement, attribuer les responsabilités, organiser les transmissions, assembler la procédure et traiter un cas incomplet.
  2. Classez chaque élément en prérequis d’entrée, compétence enseignée obligatoire ou approfondissement facultatif.
  3. Pour chaque compétence obligatoire, demandez : « De quoi l’apprenant a-t-il besoin pour l’exécuter ? » Notez les dépendances.
  4. Placez les fondations avant les tâches qui les utilisent. Si une base manque, enseignez-la plus tôt ou annoncez-la clairement comme prérequis.
  5. Regroupez les compétences liées en modules, chacun associé à une contribution précise au résultat final.

Une connaissance supposée acquise peut néanmoins devoir être rappelée au moment de l’utiliser. Par exemple, connaître les grandes étapes d’une prestation ne signifie pas encore savoir extraire les informations pertinentes d’un brief. Prévoyez une mobilisation de ce savoir dans la première activité plutôt que de le considérer comme automatiquement disponible.

Prévoir l’assemblage des compétences

Pour l’exemple, une progression cohérente consiste à préparer la collecte d’informations, puis le lancement, puis les transmissions, avant d’intégrer l’ensemble dans une procédure testée sur un incident.

Cette dernière phase est essentielle : savoir produire les pièces séparément n’est pas la même chose que savoir les faire fonctionner ensemble. Carnegie Mellon distingue les compétences constitutives, leur intégration et le choix des situations où les appliquer.

Ajoutez donc un travail d’intégration si vos modules restent indépendants. À l’inverse, si un module ne contribue à aucune capacité promise, retirez-le du parcours obligatoire ou classez-le dans les approfondissements.

Une correspondance simple entre un module et un objectif facilite la lecture. Udemy la recommande généralement, mais plusieurs objectifs peuvent partager un module si leurs liens restent explicites, comme le prévoit aussi OpenLearning.

Relier la progression au rythme de formation

Structurer un cours en ligne : des objectifs pédagogiques aux évaluations

Vous pouvez partir d’une contrainte de durée ou laisser les apprentissages nécessaires déterminer le calendrier, deux approches présentées par Teachable. Dans les deux cas, vérifiez d’abord les dépendances. Un module peut correspondre à une semaine, sans que cette équivalence soit une règle pédagogique.

Si le calendrier est trop serré, réduisez la promesse ou la quantité de travail obligatoire plutôt que de supprimer une fondation indispensable. Vous affinerez le rythme avec l’estimation de charge à l’étape 7.

Enregistrez la liste ordonnée des modules, avec leurs jalons, prérequis, dépendances et hypothèses de rythme. La progression est prête lorsque personne ne doit utiliser une compétence avant de l’avoir acquise ou de l’avoir apportée comme prérequis.

4. Rédiger des objectifs mesurables et des leçons ciblées

L’objectif du module décrit ce que l’apprenant saura faire ; les leçons précisent comment il s’y préparera. Chaque leçon doit avoir une contribution identifiable, et non simplement ajouter un thème.

Écrire une action et sa réalisation attendue

Pour chaque module, utilisez la formule :

À l’issue du module, l’apprenant sera capable de + verbe d’action + production ou performance attendue.

Ainsi, « comprendre la réunion de lancement » devient : « À partir des informations recueillies, rédiger un ordre du jour précisant le périmètre, les responsabilités, les questions ouvertes et les prochaines actions. »

Choisissez le verbe selon votre véritable intention. Expliquer un processus, comparer deux processus et concevoir un processus ne demandent pas le même travail. La formulation doit permettre de choisir ensuite une activité et une vérification cohérentes. Teachable propose cette association entre action et démonstration observable.

Découper chaque module en leçons repérables

  1. Listez les explications et démonstrations nécessaires à l’objectif du module.
  2. Attribuez à chaque leçon un résultat précis. Pour le module sur le lancement : repérer les décisions à prendre, ordonner l’agenda, puis rédiger les prochaines actions.
  3. Donnez un intitulé descriptif à chaque leçon, par exemple « Transformer les questions ouvertes en points d’ordre du jour », plutôt que « Leçon 2 » seule.
  4. Scindez une leçon si elle contient plusieurs concepts indépendants que l’apprenant pourrait vouloir retrouver séparément.
  5. Vérifiez que toutes les parties de l’objectif disposent d’une instruction correspondante.

Il n’existe pas de quota universel de modules ou de leçons dans les recommandations de Teachable et d’Udemy. Udemy préconise autant de leçons que nécessaire pour atteindre l’objectif de la section. Le découpage doit aussi permettre à un participant de revenir directement au savoir-faire dont il a besoin.

Structurer un cours en ligne : des objectifs pédagogiques aux évaluations

Prévoir une entrée et une sortie utiles

Ajoutez une séquence d’accueil qui présente :

  • votre rôle et votre expertise en lien avec le sujet ;
  • le résultat final et les productions attendues ;
  • les prérequis, les outils et les règles de participation utiles ;
  • la manière de suivre le parcours et de retrouver les ressources ;
  • les bases nécessaires pour commencer.

Prévoyez une première activité tôt dans le parcours si elle aide à entrer dans la tâche. Dans notre exemple, repérer une information manquante dans un brief peut donner immédiatement un sens au premier module.

Ajoutez aussi une conclusion du cours : rappeler les acquis, remercier les participants et les inviter à les appliquer à leur contexte professionnel. Une leçon promotionnelle supplémentaire reste un choix facultatif soumis aux règles de la plateforme utilisée, pas une composante pédagogique obligatoire.

Enregistrez les objectifs, les leçons, leur contribution respective, l’accueil et la conclusion. Si un objectif reste sans enseignement, ajoutez la leçon manquante ou révisez cet objectif.

5. Choisir les formats, les exercices et les ressources

Choisissez le support en fonction de ce qu’il doit expliquer ou faire pratiquer. Chaque leçon n’a pas besoin d’une vidéo, et chaque format n’a pas besoin d’être représenté dans votre cours.

Sélectionner les supports de référence et d’explication

Pour chaque leçon, notez le format et sa fonction :

  • Texte et images : expliquer une notion, commenter un exemple ou fournir une référence consultable. Un texte structuré peut aussi décrire une procédure ; si certaines actions sont difficiles à représenter, ajoutez une démonstration ciblée.
  • PDF, feuilles de calcul et documents téléchargeables : donner un outil de travail réutilisable, comme une liste de vérification, un modèle ou un cahier d’exercice. Un modèle vide n’explique pas à lui seul les décisions nécessaires pour le remplir.
  • Diapositives : organiser une explication visuelle, montrer des relations ou introduire progressivement les éléments d’un processus.

Dans notre exemple, un brief annoté peut enseigner le repérage des informations, tandis qu’un modèle modifiable sert à rédiger la liste de collecte. Ces supports ont des fonctions distinctes : montrer le raisonnement et permettre de travailler.

Prévoir les démonstrations à l’écran ou face caméra

Utilisez une capture vidéo de l’écran lorsqu’il faut montrer une procédure dans un logiciel ou commenter la modification d’un document. Une présentation de diapositives narrée peut également guider un raisonnement étape par étape.

Choisissez une vidéo face caméra ou filmant les mains lorsqu’une explication de l’intervenant ou une démonstration physique sert l’objectif. Un enregistrement existant, comme un webinaire, peut être réutilisé s’il correspond réellement à la leçon et au résultat attendu. N’ajoutez pas une longue séquence uniquement parce qu’elle est déjà disponible.

Une leçon peut combiner une démonstration et une fiche de travail, ou se limiter à un seul format adapté. Teachable présente ces différents formats et leur combinaison.

Ne répartissez pas les supports selon des catégories fixes d’apprenants « visuels », « auditifs » ou « kinesthésiques ». La synthèse de l’Education Endowment Foundation, consacrée aux populations scolaires, juge les preuves de cet appariement extrêmement faibles et met en garde contre les étiquettes restrictives. Elle ne fournit pas d’estimation d’effet pour les formations commerciales destinées aux adultes. Pour votre conception, privilégiez la tâche à réaliser et les obstacles d’accès rencontrés par votre public.

Structurer un cours en ligne : des objectifs pédagogiques aux évaluations

Associer chaque enseignement à une production d’exercice

  1. Ajoutez une activité qui demande d’exécuter la compétence, pas seulement de regarder une démonstration.
  2. Nommez la production attendue : liste d’informations, ordre du jour, schéma de transmission ou procédure révisée dans notre exemple.
  3. Précisez les données et supports nécessaires pour travailler : brief, exemples complets et incomplets, modèles, consignes et outil d’édition.
  4. Pour chaque ressource, indiquez si elle est fournie par le cours ou exigée à l’entrée. Marquez comme « à produire » tout support que vous devez encore créer.
  5. Séparez les documents indispensables des lectures ou ressources d’approfondissement, qui restent facultatives.

La vidéo dans laquelle vous préparez un ordre du jour montre votre performance ; l’exercice dans lequel l’apprenant prépare le sien lui permet de pratiquer. Si une leçon promet un savoir-faire mais ne prévoit aucune action, complétez-la avant de poursuivre.

Structurer un cours en ligne : des objectifs pédagogiques aux évaluations

Utiliser la ressource vidéo de Podia

Vidéo de Podia, en anglais : définir un résultat ciblé, organiser les jalons et les leçons, puis choisir les formats utiles.

Dans sa vidéo publiée en 2019, Podia conseille de ne pas transformer le cours en inventaire de tout ce que l’on sait : il propose de définir un résultat réaliste, de le décomposer en jalons puis en leçons, et de choisir les supports selon leur utilité pour ce résultat. Cette ressource prolonge les décisions de périmètre et de format ; son cadre n’est pas une obligation de conception.

Enregistrez chaque ligne de leçon avec son format, sa fonction, l’action de l’apprenant, la production attendue et les ressources obligatoires ou facultatives. Si une fiche doit expliquer seule une procédure complexe, vérifiez qu’elle contient assez d’explications ou prévoyez une démonstration complémentaire.

6. Aligner les évaluations, les retours et la réflexion

L’évaluation doit rendre visible l’action annoncée par l’objectif. Elle peut être simple et non notée : sa pertinence dépend de ce qu’elle permet de vérifier, pas de son apparence d’examen.

Choisir une vérification adaptée à chaque objectif

Pour chaque objectif, inscrivez une tâche d’évaluation et les critères utilisés. Le guide d’alignement de Carnegie Mellon distingue notamment les demandes suivantes :

  • Reconnaître ou identifier : répondre à des questions de reconnaissance, associer des éléments ou les nommer.
  • Expliquer, classer ou comparer : reformuler un raisonnement, classer des cas ou comparer des processus.
  • Appliquer : exécuter la procédure dans une situation ou une simulation.
  • Analyser : distinguer les informations pertinentes et expliquer comment les éléments s’articulent.
  • Évaluer : juger un document ou une performance à partir de critères explicites.
  • Créer : produire le document, le dispositif ou la performance annoncé.

Dans notre cours hypothétique, identifier les éléments d’un bon ordre du jour peut préparer la rédaction, mais la rédaction elle-même doit être vérifiée. La tâche finale rassemble les productions intermédiaires, puis demande de traiter une information manquante.

Contrôlez aussi la préparation à l’évaluation : si vous demandez de critiquer une procédure, mais que toutes les leçons apprennent seulement à la résumer, ajoutez une pratique de la critique ou modifiez la demande.

Organiser un retour qui permette de réviser

  1. Reprenezz les critères définis à l’étape 2 et rattachez-les aux tâches concernées.
  2. Choisissez qui fournit le retour : l’intervenant, des pairs avec une grille ou l’apprenant lui-même à l’aide d’une grille d’autoévaluation et d’un exemple commenté.
  3. Précisez le moment du retour et ce que l’apprenant pourra ensuite modifier.
  4. Préparez des indications liées aux critères plutôt qu’un simple jugement global.

Par exemple : « Le schéma indique qui prépare le document, mais pas qui le reçoit. Ajoutez le destinataire et la condition qui déclenche la transmission. » Le retour nomme ici un écart et une amélioration possible.

Carnegie Mellon souligne l’intérêt d’une pratique ciblée accompagnée de retours précis et utilisables. Prévoyez-les assez tôt pour qu’une révision soit possible. Il n’est pas nécessaire d’attribuer une note à chaque exercice.

Donner une fonction précise à la réflexion et aux tests facultatifs

Ajoutez une question de réflexion lorsqu’elle aide à examiner une décision ou une stratégie : « Quelle information manquante a changé votre procédure ? », « Quelle modification avez-vous apportée, et pourquoi ? » ou « Que vérifieriez-vous avant de l’utiliser avec un client ? »

La réflexion complète la production ; elle ne la remplace pas lorsque l’objectif consiste à créer un document. Vous pouvez également prévoir un contrôle non noté ou une autoévaluation, conformément aux possibilités décrites par Teachable.

Si vous avez retenu des évaluations avant/après, inscrivez maintenant les tâches ou questions comparables et les critères communs. Conservez des rubriques distinctes pour la confiance, les connaissances et la performance. Si vous avez choisi de ne pas en utiliser, n’en ajoutez pas par automatisme.

Enregistrez, pour chaque objectif, la vérification des acquis, les critères, le mode de retour et l’occasion de réviser. Le plan est cohérent si la tâche évaluée a bien été expliquée et pratiquée.

7. Vérifier la cohérence, la charge de travail et la préparation à la production

Le plan est prêt à guider la production lorsqu’il relie chaque promesse à une preuve, chaque preuve à une pratique et chaque pratique aux explications et ressources nécessaires.

Relire les lignes dans les deux sens

  1. Lisez chaque ligne dans cet ordre : objectif → évaluation → exercice → enseignement → ressources.
  2. Vérifiez que chaque résultat promis possède une évaluation observable.
  3. Vérifiez que chaque compétence évaluée a été enseignée et pratiquée. Corrigez toute demande nouvelle introduite seulement dans l’évaluation finale.
  4. Contrôlez les prérequis : ils doivent être enseignés auparavant ou annoncés à l’entrée.
  5. Cherchez les contenus sans contribution à un objectif. Supprimez-les du parcours obligatoire ou rendez leur statut facultatif explicite.
  6. Vérifiez que chaque fichier indispensable est soit un outil que l’apprenant doit posséder, soit un support prévu dans votre inventaire de production.

Ces contrôles appliquent les questions d’alignement entre objectifs, évaluations et enseignement de Carnegie Mellon. Une bonne vérification consiste à partir de la tâche finale et à remonter le parcours : rien d’essentiel ne doit apparaître pour la première fois au moment de la réaliser.

Estimer le travail de l’apprenant, pas seulement le visionnage

Pour chaque leçon ou module, distinguez le temps consacré à recevoir l’instruction du temps nécessaire pour agir :

  • lecture, visionnage ou écoute ;
  • exercice, rédaction ou autre production ;
  • évaluation, autoévaluation et révision ;
  • discussion et réunions, si votre offre en comporte.

Le centre d’enseignement de Vermont State University inclut notamment lecture, écriture, médias, discussions, évaluations, travaux et réunions dans l’estimation de charge. Son cadre universitaire ne fixe pas la durée d’une formation commerciale non créditée.

Additionnez les activités réellement prévues et notez les hypothèses. Exemple purement illustratif : 10 minutes de lecture, 15 minutes de démonstration, 30 minutes de rédaction et 15 minutes de vérification donnent 70 minutes de travail prévu, pas 15 minutes. Ce total est une hypothèse de planification, pas un temps de réalisation mesuré.

Comparez ensuite cette charge au rythme envisagé à l’étape 3. Si un module court à regarder demande une production importante, faites apparaître ce travail dans les attentes communiquées aux participants.

Conserver une trame réutilisable et un inventaire de production

Votre document peut maintenant servir de modèle pour les cours suivants.

En-tête du cours

  • Titre de travail, public et situation professionnelle visés.
  • Connaissances et outils exigés à l’entrée.
  • Résultat final observable et éléments exclus du périmètre.
  • Tâche finale, livrables et critères de réussite.
  • Modalités d’accompagnement et hypothèses de rythme.

Une ligne par leçon

  • Identifiant du module et de la leçon, titre descriptif, prérequis ou leçon précédente nécessaire.
  • Objectif observable et contribution au module.
  • Format d’enseignement, exemple utilisé et ressource associée.
  • Consigne d’exercice et production attendue.
  • Évaluation, critères, mode de retour et possibilité de révision.
  • Question de réflexion, seulement si elle a une fonction utile.
  • Temps prévu de lecture ou de visionnage, puis de travail et de révision.
  • Statut obligatoire ou facultatif.
  • Support à produire et état d’avancement.

Utilisez par exemple les états « à créer », « en cours » et « prêt » pour les supports. Un brief fictif non encore rédigé n’empêche pas de terminer le plan, à condition d’être clairement prévu dans l’inventaire. Un exercice qui dépend d’un brief absent de cet inventaire révèle en revanche un oubli à corriger.

Séparez ce suivi de production du temps de l’apprenant : enregistrer une démonstration, préparer une correction et travailler sur l’identité visuelle relèvent de votre effort de création, pas de la durée du parcours.

Enregistrez la version de référence du plan après correction des incohérences. Le document doit permettre de savoir quoi produire, pour quel objectif, avec quelle activité et quelle vérification.

Exemple complet : une formation à la procédure d’intégration client

Structurer un cours en ligne : des objectifs pédagogiques aux évaluations

Exemple hypothétique : « Concevoir sa procédure d’intégration client pour une activité de prestation indépendante ». Le participant connaît déjà le déroulement général d’une prestation et sait modifier un document. Le cours fournit un brief fictif et les données du projet. Le livrable final est une procédure comprenant collecte d’informations, lancement, transmissions et gestion d’un cas incomplet.

Le tableau présente une proposition de conception, avec des critères proposés pour cet exemple. Il ne décrit ni une offre existante, ni une norme, ni des résultats mesurés.

ModuleObjectif observableLeçons et formatProduction d’exerciceCritères de réussite proposés
Définir les informations de départExtraire du brief les informations nécessaires au démarrageLecture d’un brief annoté ; comparaison de demandes complètes et incomplètesListe des informations à recueillirChaque information requise possède une source ou une question de suivi
Préparer le lancementTransformer les informations recueillies en ordre du jour exploitablePrésentation commentée d’un agenda ; adaptation d’un modèleOrdre du jour de lancementLe document couvre le périmètre, les responsabilités, les questions ouvertes et les prochaines actions
Organiser les transmissionsPréciser qui fournit, vérifie et reçoit chaque livrableÉtude d’un schéma de processus ; fiche de travail à compléterSchéma de transmissionChaque transmission possède un responsable, un destinataire et une condition de réalisation
Assembler et tester la procédureIntégrer les éléments et réviser le processus lorsqu’une information manqueAnalyse d’un exemple complet ; scénario d’application ; explication des modificationsProcédure complète et note de révisionLes éléments sont cohérents et le processus reste utilisable face à l’information manquante

Les productions intermédiaires deviennent les composants du document final. L’évaluation finale vérifie donc leur intégration, plutôt que d’ajouter une compétence sans préparation. Le scénario incomplet permet d’examiner si le participant sait adapter sa procédure, au-delà du simple remplissage d’un modèle. Cette conception applique les principes de compétences constitutives et d’intégration de Carnegie Mellon.

Un questionnaire sur le vocabulaire de l’intégration client pourrait compléter ce parcours. Il ne remplacerait pas la procédure produite, car il ne révélerait pas la capacité annoncée.

Du plan de conception au programme destiné aux apprenants

Dans la distinction proposée par Teachable, le plan sert d’abord à concevoir le cours ; le programme destiné aux apprenants, ou syllabus, explique ce qu’ils vont suivre et ce qui sera attendu d’eux. Les usages de ces termes peuvent varier selon les organismes.

À partir du plan terminé, le programme peut présenter la description de la formation, les objectifs, les modules, les travaux demandés, les prérequis, les modalités d’évaluation, les règles de participation et les dates lorsqu’elles s’appliquent. Vos états de production et vos notes internes n’ont pas à y figurer.

Votre plan est prêt pour la production si chaque capacité promise possède une preuve observable, chaque compétence évaluée dispose d’une pratique préparatoire et chaque ressource indispensable est identifiée. La création des supports, leur dépôt dans une plateforme et la publication du cours constituent les travaux suivants ; ils ne sont pas accomplis par le seul enregistrement de ce plan.